Bonne année, et bonne santé !

Bon. Vous me voyez venir. On est la veille du 31 décembre. On vit depuis des mois le « tu fais quoi pour le 31 ? ». On hésite, on pèse les pour et les contre, on se dit que l’an dernier on était avec untel, que cette année on pourrait contrebalancer avec unetel, etc.

Je n’aime pas les 31 décembres. Même je déteste ça. Pourquoi serait-on tous spécialement heureux et optimistes à une date particulière qui est uniquement un hasard du calendrier. On fête quoi exactement ? Pourquoi on fait des bilans sur l’année passée ? Pourquoi on fait des projets pour l’année suivante ?

En fait, je n’ai pas toujours détesté les 31 décembres. Longtemps je me suis couchée de bonheur, au petit matin, après avoir fait la fête comme tout le monde, après avoir bu avec tout le monde, après avoir collé des bises sur tout le monde, après avoir souhaité la bonne année à tout le monde, et surtout « la santé, ah ça oui la santé, parce que c’est le plus important la santé ».

Jusqu’à ce que la santé, je comprenne le poids de ce mot, de ce mal, un jour où elle a tourné court. Cette année-là, en avril 2009, je me suis remémoré avec qui j’avais bien pu passer le 31 décembre précédent, pour que me soit jeté un si mauvais sort.

Les années suivant 2008, j’ai continué de faire la fête les 31, souhaitant et me faisant souhaiter la santé, optimiste, me disant que ce ne serait pas pire.

Bon sang chaque année a été pire, presque. Je ne suis pas superstitieuse. Mais j’ai commencé à en avoir marre d’entendre le « surtout la santé », venant de tout le monde et n’importe qui, suivi d’un rire gras et automatique. Je faisais des rires jaunes et forcés, et je répétais ironiquement « c’est ça, surtout la santé ». Je baissais la voix à la fin. J’avais peur de jeter des sorts à mon tour.

Alors j’ai fini par arrêter tout ça. J’ai arrêté les 31 et toutes ses fioritures. Chaque année je me cache pour qu’on ne me souhaite pas « la santé ». Ce mauvais sort duquel je n’ai pas réussi à me protéger les années précédentes.

Et chaque année j’espère que cette fois, ça va marcher.

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