Archives de catégorie : Articles sérieux et sans blagues

Comment bien porter un masque (et pourquoi ce n’est pas grave de ne pas savoir avant de lire ça)

Bon. Alors d’habitude j’essaie toujours de vous raconter une petite histoire de mon vécu à l’hôpital et de vous apprendre des trucs en même temps. Cette fois je vous fais rire avec la petite histoire et promettez-moi aussi qu’après vous saurez mettre un masque et vous apprendrez à tout le monde.

Le 30 janvier 2020 j’arrive à l’hôpital pour une hospitalisation à la journée pour démarrer un gros médicament très cher. Le 30 janvier c’est la veille de l’alerte rouge de l’OMS pour la pandémie, mais les hôpitaux, sans que personne dehors de s’en rende compte, sont déjà en alerte. Alors voilà, à peine ai-je passé l’entrée sécurisée de l’hôpital que je me fais de suite repérer comme une terroriste qui hurlerait à tous qu’elle porte une bombe : je tousse à la mort. Je tousse je tousse je tousse et tous me regardent en flippant, me laissent passer partout où ça devient un peu étroit, j’ai l’impression d’être Martin Hirsch en visite sur son territoire. Dans mon service, très vite on me tend un masque, et très vite tous se collent un masque. A l’époque, il n’y avait pas de covid dans cet hôpital en théorie, donc personne en masque systématique comme maintenant. On me fait tous les soins avec mon masque, je ressors de l’hôpital avec mon médicament et le premier masque de ma vie sur la tête, autrement dit, je suis très fière.

15 jours après rebelote, même hôpital, même toux qui impressionne que j’ai l’impression d’être Martin Hirsh qui se re-déplace. Consultation cette fois. Petite salle d’attente, grosse toux. Le médecin sait que je suis là avant même qu’on m’annonce (l’effet Martin Hirsh), puis viens me chercher masqué, et me tend un masque pour moi. Je gagne le 2ème masque de ma vie. Alors que des français commencent à faire des réserves en pharmacie. Je mets le masque et la consultation commence. Et là boum, le Docteur de m’interrompre sec :

« Madame Leroux attendez, mettez-le correctement le masque s’il-vous-plaît, parce que si je tombe malade je ne peux plus travailler. »
Moi : « Ah oui pardon, mais c’est qu’on ne m’a jamais appris à mettre un masque moi. »
Le Docteur : « Ah bon ?! Eh bien on serre bien la petite barrette au dessus du nez pour l’ajuster, on descend bien le masque sous le menton, et ensuite on ne touche plus jamais au masque ou bien on se lave les mains. »

Mais que le Dieu de l’humanité bénisse ce Grand Docteur. Ce jour-là je suis sortie de l’hôpital en sachant mettre un masque, autrement dit, très fière.

Hier, dimanche 3 mai, une fois n’est pas coutume je regarde le JT de 20h, TF1. Probablement une heure et une chaîne de grande audience. Quel n’est pas mon plaisir de m’apercevoir que enfin, malgré les gros couacs de notre gouvernement, les français ont très bien compris l’utilité des masques. Quelle n’est pas ma déception en revanche de m’apercevoir que, n’ayant pas eu la chance d’avoir le même grand Docteur que moi, bon nombre de gens ne savent pas porter le masque, y compris des professionnels de santé.

J’avais déjà compris depuis bien longtemps que mon Docteur du 15 janvier était un Docteur génial. Je le sais encore plus maintenant. Donc, pour tous, je répète les enseignements de mon Docteur :

-le masque c’est au-dessus du nez parce que le nez aussi respire, si possible, ajusté

-le masque c’est en-dessous de la bouche, si possible, ajusté

-on ne touche pas son masque parce qu’il est sale autant sur la face externe que sur la face interne ; si besoin de le toucher on se lave les mains immédiatement

-le masque en collier ce n’est pas comme la casquette à l’envers. Vous ne serez jamais un beau gosse du masque ni un rebelle du masque avec le masque en collier. Pour rester beau gosse ou rebelle (si besoin), masque et grosse chaîne en or, masque et casquette à l’envers, ne sont pas incompatibles.

Faites passer le message ! Merciiiiiii !

 

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javel, dichlore, chloroquine : ne jouons pas aux apprentis sorciers !

Article pictogramme ATTENTION DANGER. Article NON HUMORISTIQUE.

Je vois plein de gens se mettre à faire leur « ptites recettes » pour désinfecter les surfaces du covid, parfois même pour nettoyer leurs courses alimentaires. Ces « ptites recettes » tournent sur facebook, sur whatsapp. Elles sont composées de Javel souvent, de vinaigre blanc parfois.

Et je me dis qu’on n’est vraiment pas loin d’une CATASTROPHE sanitaire de santé publique.
Ce serait en effet une TRES TRES TRES mauvaise idée de vouloir mélanger la Javel dans du vinaigre blanc. Mais heureusement votre vie serait encore sauvée, pourquoi ?

Vinaigre = acide acétique MAIS très dilué dans de l’eau

Or 
Javel + acide = dégagement gazeux de DICHLORE, toxicité pulmonaire immédiate et irréversible, puis MORT. On ne pourra même pas essayer de vous mettre un respirateur dans la bouche comme pour le covid (et puis de toute façon même pour le covid on n’aura plus assez de respirateurs)

Avec quel acide dans la Javel pourriez-vous donc vous mettre en danger de MORT ? avec du détartrant. Tout simplement le détartrant que vous avez chez vous.

Donc retenez et partagez JAVEL + DÉTARTRANT = JAMAIS

Comme on était sur le diCHLORe, je fais une transition très brève vers la CHLORoquine dont on parle beaucoup en ce moment. A la télé on entend « les chercheurs et les médecins reprochent au Grand Professeur Raoult davantage la forme (=ses cheveux longs et sales et ses videos youtube) que le fond ».

C’EST FAUX et C’EST DANGEREUX de dire ça, encore plus à la télé. Les chercheurs sont les premiers à avoir les cheveux longs et sales, et ce qui est reproché à Pr Raoult, c’est bien de dire N’IMPORTE QUOI pour avoir des followers sur YouTube. En mettant en danger des vies. Vos vies. Lisez par exemple ici des vrais spécialistes dont l’OMS s’exprimer. L’OMS=Organisation Mondiale de la Santé = l’instance supérieure qui est en train d’essayer de sauver le monde entier du cauchemar sanitaire, sans être guidée par des intérêts purement économiques.

Justement je termine sur quelques « ptites considérations » économiques.
– chloroquine : 5 euros la boîte de 100 comprimés
– d’autres médicaments qui donnent de l’espoir dans le covid = des biothérapies (leur nom se termine souvent en « mab ») = autour de 500 euros l’unité
.

A votre avis, si vous étiez un Président de n’importe quel pays du monde, ça vous arrangerait mieux d’écouter Raoult et sa chloroquinine à 2 balles ou tous les autres médecins avec leurs molécules en or ?

Si demain Pr Raoult fait une vidéo pour vous dire de mélanger de la Javel et du détartrant, promettez-moi que vous le fustigerez et rétablirez, disséminerez partout autour de vous LA VERITE SCIENTIFIQUE afin de vous aussi, sauver des vies.

Ne jouons pas aux apprentis sorciers !

PS : on ne sait pas encore exactement la vérité, mais on conseille de laisser ses courses alimentaires de produits secs environ 8h avant de les ranger pour que ça « décontamine automatiquement » .
Pour le frais, pourquoi pas réserver des étages du frigo à la « décontamination automatique » , que vous ne toucherez pas pendant 24 à 48h par exemple.
Dans tous les cas, lavez-vous très souvent les mains (et le visage tant qu’à faire) avec de l’eau et du savon. L’eau et le savon, c’est la recommandation de l’OMS.
Et pour les surfaces, les désinfectants du commerce ou l’utilisation normale de la Javel conviendront. Lisez les étiquettes.

Liens utiles :
Si vous voulez faire des « ptites manips » en toute sécurité : la chaîne YouTube de l’excellente Tania Louis vous promet de vivre des grandes sensations sans danger !

Et enfin, au cas où vous lisez mon article trop tard, et que vous avez mélangé de la Javel et du détartrant (ne saturez pas ce numéro pour de la Javel simple) ou fait une autre erreur d’apprenti sorcier : le centre anti-poison. Les numéros de téléphone dépendent de votre lieu de résidence.

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La téléconsultation du point de vue du patient : mode d’emploi simple

Cet article est un mode d’emploi simple de la téléconsultation, destiné aux patients.
Il n’est pas humoristique comme c’est parfois le cas sur ce site internet.
L’organisation du texte et le vocabulaire choisis ont pour but d’être clairs et accessibles à tous lecteurs.
Une version pdf diffusable est disponible en téléchargement ici.

Avant la téléconsultation :

Une téléconsultation est une consultation où il n’y a pas deux personnes assises physiquement dans un même bureau.
Cela signifie donc : utilisation de téléphones OU utilisation d’ordinateurs.
Sans caméra OU avec caméra (=visio).
Le téléphone ce sera plutôt avec les praticiens hospitaliers. L’ordinateur ce sera plutôt avec les soignants de ville = en libéral.
Avant en France il y avait des règles spécifiques pour la téléconsultation. Maintenant, depuis la crise liée au coronavirus, dès que le professionnel propose ce mode de consultation, vous pouvez demander un rendez-vous.
La consultation est remboursée par la sécurité sociale, cela signifie que le professionnel est payé pour son travail, et que le patient paye le professionnel. Il y a selon les situations avance des frais ou non. Dans les deux situations, les mêmes règles de remboursement que les consultations physiques s’appliquent (lien Ameli pour les lecteurs de France).
C’est un rendez-vous parce que ce n’est pas possible (pour l’instant) de téléconsulter sans rendez-vous.
L’avantage c’est que depuis Marseille vous pouvez téléconsulter un médecin à Bordeaux par exemple. Cependant il est plus pratique pour organiser la suite du parcours de soin que les deux personnes en contact ne sont pas trop éloignées géographiquement.
Parfois les rendez-vous sont obtenus dans des délais très rapides. Vous pouvez potentiellement trouver un rendez-vous dans l’heure qui suit votre recherche par exemple.
Alors que vous aviez l’habitude de chercher un professionnel de santé autour de votre domicile, vous allez avoir tendance à chercher un professionnel disponible rapidement.
Ce mode de consultation est possible pour consulter un médecin généraliste, un médecin spécialiste (y compris un psychiatre par exemple). Il n’y a pas que les médecins, vous pourriez avoir besoin d’un psychologue par exemple.
Dans chacun des domaines de compétences du professionnel visé, il peut être nécessaire de consulter « physiquement » par la suite. Cela sera toujours possible, dans des délais que vous pouvez définir avec le professionnel en téléconsultation.
Il est nécessaire d’avoir une adresse email afin de s’inscrire sur la plateforme de téléconsultation qui aura été choisie par le professionnel de santé. L’adresse email peut aussi être utilisée pour échanger des documents avec le professionnel comme des comptes rendus. Une des nombreuses possibilités de se créer une adresse email : gmail.
S’inscrire sur la plateforme signifie donner son nom et quelques informations personnelles, parfois le numéro de sécurité sociale, le numéro de carte bleue, le numéro d’identification (pour les structures hospitalières par exemple).
Les informations données par la plateforme, comme celles sur la page d’accueil, ne sont pas forcément rédigées par le professionnel que vous allez consulter.
Il y a plusieurs plateformes de prise de rendez-vous. On connaît beaucoup Doctolib mais ce n’est pas la seule. Je ne ferai pas la liste des plateformes.
Google est un exemple de moteur de recherche qui vous permet de trouver d’autres plateformes. Par exemple en tapant dans la barre de recherche : « rendez-vous médecin téléconsultation ».
Enfin, une dizaine de minutes avant l’heure du rendez-vous avec le professionnel de santé, tenez-vous prêt.
Comme pour les consultations physiques, un retard de la part du patient perturbe la gestion du planning du professionnel de santé, et potentiellement constitue un obstacle à de bonnes conditions de travail pour le professionnel de santé.
Comme pour les consultations physiques, un retard de la part du professionnel de santé est possible et il faut comprendre que c’est normal. Par exemple, si les consultations sont prévues toutes les 30 minutes : le professionnel a évalué à l’avance que en moyenne, le temps par patient était de 30 minutes. Mais c’est une moyenne. Parfois, le patient et le professionnel auront besoin de moins de temps. Parfois le patient et le professionnel auront besoin de plus de temps.

Pendant la téléconsultation :

Le patient et le professionnel de santé auront tendance à parler plus lentement, et se couperont moins la parole. Plusieurs raisons :
-une connexion au réseau WIFI ou 4G non optimale
-un ordinateur ou un téléphone lent
-un accès limité aux expressions du visage et du corps
-un accès limité à la lecture sur les lèvres
On s’habitue rapidement à la téléconsultation même si les premières fois cela ne semble pas forcément naturel.

Après la téléconsultation :

Pour le patient, il s’agit de télécharger et éventuellement imprimer les prescriptions du médecin.
Concernant le téléchargement, il peut être nécessaire de le faire depuis la plateforme.
Ce n’est pas forcément simple (sur Doctolib par exemple, il faut chercher longtemps sur le site avec patience).
Si vous ne trouvez pas les documents du professionnel, il peut être intéressant de contacter la plateforme par téléphone ou par mail, avant de contacter le professionnel de santé, pour que celui-ci passe la plus grande partie de son temps à faire uniquement son travail de soin.
Pour ceux qui ont une imprimante, les pharmacies et autres structures de soins (laboratoire d’analyses, centres d’imagerie…) sont habituées à travailler avec des documents papier. Facilitez le travail du pharmacien ou des autres professionnels de santé, en imprimant les prescriptions du médecin.
Si vous n’avez pas d’imprimante à domicile, vous pouvez utiliser votre adresse email.
Ainsi, les pharmaciens ont en général une adresse email à laquelle vous pouvez leur envoyer l’ordonnance. Il vaut mieux téléphoner au pharmacien de votre choix avant d’envoyer un email, afin qu’il soit prévenu, sauf si vous avez l’habitude d’échanger par email avec lui.
La pharmacie n’a pas toujours votre traitement en stock et c’est normal. Les pharmaciens essaient toujours d’avoir des stocks pour les traitements les plus courants, mais comme pour les retards du médecin, on ne contrôle jamais tout dans la vie. Donc, éventuellement il faudra revenir chercher votre traitement qui aura été commandé par la pharmacie.
Les règles de remboursement des éléments prescrits sont les mêmes que pour les ordonnances obtenues lors de consultations physiques.

Enfin, il est toujours mieux pour tout le monde d’appliquer les règles habituelles du bien vivre ensemble. Parmi elles, la politesse, par exemple.

D’autres liens sur les téléconsultations :
-le site du Ministère
-un article sur le site de Dr Jean-Gabriel Jeannot
-un article sur le site BJGPLife, traduction de l’anglais vers le français par Dr Francis Berenbaum

Cet article que vous avez lu a été rédigé par Manon Leroux  à l’invitation de Dr Dominique Dupagne, lien vers son site internet.

Vous souhaitez ajouter des éléments pour aider les autres patients et professionnels de santé ? Les commentaires sont ouverts sous cet article ou ma messagerie est à disposition.

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