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Quotidien continue, la Ministre du Confinement et du Tri est avec nous

Bon eh bien merci, merci l’équipe, le public, merci à vous tous pour votre confiance.

Je ne pensais pas vous revoir de si tôt mais quand Quotidien m’a appelée en renfort parce que, à nouveau ce vendredi 27 mars, il n’y aurait pas de diffusion à la télévision, alors que Jean-Luc Mélanchon nous avait pourtant promis que « Quotidien, c’est à la télévision, tous les soirs », j’ai accepté sans hésiter.

Décidément le pouvoir de ce covid, ça me rend furieuse.

Chère Manon Leroux, Madame la Ministre Déléguée au Confinement et au Tri, nous avons à nouveau le plaisir de vous recevoir seule sur ce plateau. C’est notre deuxième vendredi de confinement, votre deuxième vendredi ici. Pourquoi se donner une telle visibilité médiatique ?

Eh bien bonsoir Yann. En effet, la semaine a été très dense. C’est pourquoi, en tant que Ministre Déléguée au Confinement et au Tri, qui plus est nommée tout récemment, il est de mon devoir d’informer les français.

Vous dites que la semaine a été dense, pouvez-vous nous décrire cette semaine ?

Eh bien il faut dire que, main dans la main avec les Agences Régionales de Santé, nous avons très bien travaillé. Grâce aux opérateurs de téléphonie mobile nous avons récupéré maintenant tous les CVs de nos français, pour organiser la classification au mérite dont je vous parlais la semaine dernière. Notre équipe progresse, avec des algorithmes solides.
Comme je ne suis pas venue pour rien sur ce plateau, j’en profite pour vous dire que les 1 million de franciliens qui, à l’instar de Willy Papa, ont fui la capitale, sont dans notre viseur. Via les opérateurs de téléphonie mobile, le gouvernement leur a envoyé à chacun un sms pour leur ordonner d’ouvrir leurs résidences parisiennes aux sans-abris, aux personnes souffrant de maltraitance, et peut-être, à court ou moyen terme, aux Hôpitaux de Paris. Je suppose que vous avez entendu Yann l’appel à l’aide du Directeur des Hôpitaux….

Oui justement Madame la Ministre, on va en reparler, mais j’aimerais d’abord vous poser très clairement la question : la classification au mérite de la population française est-elle OUI ou NON finalisée ?

Alors OUI. Cependant nous avons décidé d’accorder des points supplémentaires aux bons citoyens, et d’en retirer aux irresponsables. Un peu comme le système de la retraite par points. C’est très simple à comprendre, je prends un exemple très simple. Nous sommes 60 000 000 en France, si on retire les étrangers. Je ne devrais pas vous le dire mais Willy Papa a été classé 120 836 ème. C’est une très belle performance. Nous pouvons l’applaudir Yann, les gens ont raison d’applaudir. Ah il est déjà 20h. Alors en revanche, comme Willy Papa s’est enfui en Bretagne alors que c’était non indispensable, il a perdu un rang. S’il n’était pas parti, il aurait été classé 120 835 ème. Quand on sait qu’il y a au bas mot 8000 respirateurs en France, il n’y a pas de petit profit. Mon équipe l’a donc informé qu’il pouvait remonter d’un rang en donnant les clés de son appartement parisien. En outre, il pourra remonter d’un rang s’il ramasse un kilo de fraises garriguettes et qu’il les dépose sur le palier d’un médecin généraliste. Et ainsi de suite.

Ah donc tout n’est pas perdu pour ceux qui seraient mal placés dans la classification nationale ?

Voilà Yann, vous avez tout compris ! Le mérite est établi mais est réévalué au fil de l’eau à la baisse ou à la hausse. C’est donc un très mauvais moment pour s’asseoir sur ses lauriers (ou sur son canap, tu veux connaître ton classement Etienne ?)

Avez-vous écouté l’allocution présidentielle de mercredi soir ?

Alors malheureusement non. On ne peut pas être au fourneau et au moulin. De toute façon le Président, qui au passage je le signale fait très bien son travail, a téléphoné à chacun de ses Ministres dans la journée. Il nous disait qu’il avait été extrêmement étonné de l’appel à l’aide du Directeur des Hôpitaux de Paris.

Ah bon, mais pourquoi cela ?

Eh bien réfléchissez Yann, le coronavirus a fait tellement de ravages dans notre pays que même le Directeur Général des Hôpitaux de Paris appelle à l’aide pour avoir sa place en réanimation. C’est quand même le comble non ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité. C’est le buraliste qui s’exprime à la radio pour obtenir une cigarette, c’est le boulanger qui supplie à la radio qu’on lui donne à manger un quignon de pain. On sait bien que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, mais là quand même, cet appel à l’aide du Directeur était fort.

Qu’avez-vous fait alors au gouvernement quand vous avez entendu l’appel à l’aide de Martin Hirsch ?

Je vais parler uniquement de ce qui concerne mon équipe déléguée au Confinement et au Tri. Sous mon impulsion, mon équipe a tout de suite octroyé à Martin Hirsch un point de plus dans la classification au mérite. Se lever de bonne heure pour prendre la parole à la radio devant tout le monde, c’était extrêmement courageux. D’autant plus en cette période où certains français ne prennent même plus la peine de mettre un réveil.

Ah alors nous constatons à nouveau que votre équipe est très réactive sur le système de points de la classification au mérite. Et sur le contenu de l’appel à l’aide de Martin Hirsch ?

Eh bien merci Yann parce que c’est justement là où le bât blesse. Il faut reconnaître qu’à l’heure des vidéos YouTube, un passage en radio n’a plus aucune valeur. Les français sont bien lucides là-dessus. Au jour d’aujourd’hui, pour avoir une voix qui porte, il faut non seulement porter des lunettes, mais surtout avoir les cheveux longs et sales.
En effet, pourquoi croyez-vous que les gens qui ont les cheveux longs et sales ont les cheveux longs et sales ? C’est très simple ! Les longs cheveux dissimulent une échine courbée, accablée par les efforts au travail. La saleté des cheveux est synonyme de dévouement, d’engagement sans limite, d’impossibilité de dégager 6 minutes pour se faire un shampoing, en bref, de véritable don de soi.

Attendez Madame la Ministre, est-ce que c’est du Professeur Raoult dont vous parlez là ?

Alors ça c’est votre hypothèse Yann. Nous avons évidemment suivi de près les rebondissements liés à l’affaire Raoult cette semaine. Raoult est tout sauf une éminence grise. Il est blanc comme neige. Il s’exprime en toute transparence. Cette audace nous plaît beaucoup au gouvernement. D’autant qu’il s’est à lui-même prescrit de la chloroquine pour constituer un stock pour monter son essai clinique ; il est allé à la pharmacie tout seul, il a été forcé de mettre une perruque et des lunettes noires. Il est à Marseille certes mais des lunettes de soleil en hiver ce n’est pas monnaie courante. Il est vraiment de mise de saluer la vaillance et la détermination de Professeur Raoult.

Donc vous êtes d’accord avec le Professeur Raoult ?

Mais vous savez Yann il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas d’accord. Je ne vous donne pas mon accord sur votre coupe de cheveux ou sur votre costume par exemple. Encore moins sur vos jeans ou vos baskets blanches que vous pensez qu’on ne voit pas sous la table.
A propos du Professeur Raoult donc, j’ai réuni ce jour vendredi 27 mars le comité d’experts scientifiques. Et, en regard de ce conseil scientifique, je dis bien en regard de ce conseil scientifique, nous avons décidé que regarder une vidéo YouTube de Professeur Raoult est un principe fondamental de notre démocratie qui peut, et même qui doit, se maintenir. En revanche, et ce toujours en regard du conseil scientifique, nous avons mis en garde tous les français qui verraient en Raoult un Raël. Encore plus dans le contexte débilité actuel, il faut redoubler de vigilance sur l’émergence d’infections opportunistes, et malheureusement, les sectes en font partie.

Madame la Ministre, nous allons bientôt devoir rendre l’antenne, du fait d’un format plus court des programmes dans ce contexte de covid19, avez-vous quelque chose à ajouter, il est encore temps ?

Oui Yann je veux vous dire que je vous serai pour toujours éternellement fidèle. Vous êtes mon Dieu tout puissant. Néanmoins, à l’instar de la fatigue chez les soignants, on a senti cette semaine la fatigue de vos équipes. Vous ne risquez pas l’erreur médicale, mais à l’heure actuelle, même l’erreur télévisuelle a des conséquences médicales immédiates. Préservez-vous Yann, je vous l’avais déjà dit la dernière fois. Pour vous encourager, je vais vous faire une dernière révélation. Vous êtes dans la classification nationale au mérite en position de numéro 2, juste après moi. Les français ont besoin de vous. Les français ont besoin de nous.

Très bien Madame la Ministre. On a été vraiment ravi de vous accueillir de nouveau sur ce plateau. Je rappelle que vous avez été récemment nommée Ministre Déléguée au Confinement et au Tri dans ce contexte de pandémie de COVID19. A bientôt ?!

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Ça se passe comment la mort ?

Bon. Ça fait longtemps que je voulais aborder ce sujet. Et puis ça n’était jamais le bon moment. Malheureusement je crois que maintenant c’est le bon moment.

Pour la personne qui va mourir = le patient, a priori ça va bien se passer. Ce n’est pas obligé de souffrir avant, surtout avec les médicaments à disposition des Docteurs maintenant. Je suppose (parce que je ne suis pas encore morte) que ça fera environ comme une anesthésie générale. Vous vous sentirez un peu mollasson. Vous allez avoir envie de vous accrocher aux derniers instants, éventuellement vous allez serrer de toutes vos forces une main tendue près de vous. Cette main tendue elle va vous aider beaucoup à accepter de vous abandonner. S’il n’y a pas de main, vous penserez qu’elle pourrait être là quand même. Elle cristallisera tout l’amour que vous avez reçu dans votre vie, de tous les côtés. Depuis le sourire discret du pharmacien jusqu’au sentiment de votre mère à la naissance, en passant par tous vos amoureux et amoureuses.

Pour les proches du mort, ça va être un peu plus dur que pour le patient qui meurt. On va repenser aux souvenirs, et on sera triste de ne plus pouvoir en construire de nouveaux. Notre peine sera définitive. Mais on sera rassuré de s’abandonner à l’idée que notre proche mort s’est abandonné. Notre défunt n’est pas malheureux. Il n’a pas souhaité que la tristesse liée à sa perte nous paralyse et nous empêche de vivre. Vivre, c’est aussi s’abandonner, alors continuons de vivre, et de penser à la puissance de toutes les mains qui peuvent se serrer fort entre humains vivants. Évidemment et encore plus dans le contexte actuel, les mains serrées c’est une métaphore. C’est votre voisin que vous ne connaissiez pas qui dépose vos courses sur le palier ; c’est le dialogue partagé avec les personnes que vous aimez le plus depuis très longtemps.

Pour les soignants du patient qui est mort, ça va aussi être un peu plus dur que pour le patient qui meurt. Les soignants, comme les proches, vont repenser aux souvenirs partagés avec le patient. La relation soignant-patient est une relation professionnelle, mais elle n’est cependant pas dénuée d’amour. Cet amour se cache derrière des règles déontologiques. Mais on ne devient pas soignant sans être guidé plus ou moins par de l’amour. Moi je ne suis pas soignante, mais j’ai déjà échangé avec un soignant qui avait malheureusement l’habitude de perdre des patients, parce qu’il exerçait dans une spécialité très confrontée à la mort. Et il m’avait dit : « Quand je perds un patient, je me concentre immédiatement sur le prochain patient, qui a tout autant besoin de moi que le précédent. » Et les patients sont et seront nombreux…

Courage à tous…

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Quotidien continue : allons voir le ciel de Paris

Bon ben voilà, on y est, c’est la fin du monde, la coronapocalypse, Quotidien n’a pas été diffusé ce vendredi à la télévision. Alors que Jean-Luc Mélanchon nous avait pourtant promis que « Quotidien, c’est à la télévision, tous les soirs ». Décidément le pouvoir de ce covid, ça me rend furieuse.

Cependant, il ne faut pas pour autant s’arrêter de vivre (quoi que), et donc j’ai décidé de m’inviter moi-même sur le plateau de Quotidien aujourd’hui (il n’y aura que moi, on est safe).

Comme je suis toute seule je vais donc faire les questions et les réponses, mais avec des petites manœuvres de mise en forme de texte, vous devriez vous en sortir. Je vous rappelle que nous sommes dans un contexte de coronavirus, nous travaillons en effectifs très réduits, donc merci à vous aussi de faire un effort avec vos yeux sur ce texte depuis vos canap’ (je t’ai cramé Etienne).

Bonsoir à tous, merci Yann pour cette invitation, merci l’équipe, le public. Je vous salue de cœur. Hoonnn.

Manon Leroux, bienvenue sur ce plateau, vous venez d’être nommée Ministre déléguée au Confinement et au Tri, comment êtes-vous arrivée à cette fonction ?

En effet, j’ai été repérée via mon blog. Comme j’avais un bon CV, notamment avec 10 fractures spontanées en 5 ans, dont 5 sur les 6 premiers mois de 2019, j’avais une expérience forte du confinement, et qui plus est, récente. Je pense que mon stage de fin d’études en hospitalisation aux maladies infectieuses m’a aussi donné un sacré coup de pouce. Honnêtement, je comprends que le gouvernement ait fait ce choix.

Quelle sera votre première action en tant que Ministre Déléguée au Confinement et au Tri ?

Eh bien, je vais chapeauter l’organisation du tri pour l’accès aux respirateurs. Comme vous le savez, il n’y aura pas assez de respirateurs pour tout le monde. Néanmoins, en accord avec le comité d’éthique que j’ai réuni en conseil cet après-midi, nous avons décidé de ne pas léser les plus âgés, ou les plus malades. Le tri sera organisé au mérite. Nous commençons officiellement la réception des CVs dès maintenant, et après, un entretien individuel en visio permettra de classer toute la population française par ordre décroissant de priorité. 
Ce système de tri était un choix difficile, c’est sûr, mais aujourd’hui plus que jamais il faut récompenser le travail et les efforts. On peut vraiment se satisfaire en France d’avoir été force de proposition avec cette idée de tri au mérite. Nous allons bien plus loin que les recommandations de l’OMS. Et enfin, soyons honnêtes Yann, devenir Ministre du Tri, c’était quand même le meilleur moyen pour moi d’avoir mon CV en haut de la pile, au bon moment.

Quand vous avez appris que nous ne pouvions pas assurer l’émission de vendredi, qu’avez-vous fait ?

J’ai tout de suite pris rendez-vous avec mon psychiatre. Il y avait déjà eu l’arrêt de Un Si Grand Soleil, que j’avais vécu comme un tsunami, mais là, ce covid m’achève.

Bon, ne vous inquiétez pas, on devrait quand même réussir à vous poser quelques questions. D’après vous…

Le voisin de confinement ?
Un coiffeur. Le salon est fermé, il est à domicile, il ne peut pas télétravailler. Il écoutait des gens déprimés toute la journée, en faisant son vrai travail en même temps, et néanmoins il ne plantait pas le ciseau dans la tête du client quand ça allait trop loin. Donc, pour moi qui porte un lourd fardeau avec mes nouvelles responsabilités, c’est vraiment le voisin idéal. Il sait rester très professionnel, il donne le change aussi peu qu’un psy.

Le compte Twitter à suivre en confinement ?
Je n’ai pas de compte Twitter. Je ne supporte pas la haine sur les réseaux sociaux. Néanmoins, je mets en garde d’ores et déjà que mon équipe de triage regarde les réseaux sociaux et s’en sert pour le classement.
Et toutefois, s’il y avait vraiment un compte à suivre ce serait celui du Docteur Tedros, le Directeur Général de l’OMS.

Le livre de confinement ?
Maintenant qu’il n’y a plus de caméras Yann, je pense qu’on peut dire la vérité. On doit la vérité aux gens même. Plus personne ne lit, même pas le président de la République. C’est Brigitte la délicieuse qui lui souffle les termes croquignolesques. Maintenant que je suis Ministre, je sais tout ça.
Cependant, s’il fallait vraiment ouvrir un livre maintenant, ce serait Le Parfum, de Patrick Suskind. En effet, les toutes dernières informations au jour d’aujourd’hui nous indiquent que le coronavirus pourrait provoquer une perte d’odorat, ce qui serait une excellente nouvelle Yann puisque en toute transparence, il faut reconnaître que nous sommes tous dans la merde. Le Parfum est un ouvrage délicieux où l’on voyage dans un monde d’odeurs singulières et fantasques, et qui plus est, le héros est un meurtrier. On est en plein dans le thème ! Et pour la petite anecdote, le surnom de Jérôme (Professeur Salomon pour vous) pour nous Ministres, c’est Grenouille, parce qu’il a une tête de grenouille le pauvre. Voilà, en définitive, en lisant Le Parfum en ce moment, on boucle la boucle.

Le programme TV de confinement ?
Évidemment c’était Quotidien, mais dans le contexte actuel, il faut savoir faire des concessions. Donc, les Marseillais.

La meilleure vidéo-blague-virale de confinement ?
Le brésilien qui fabrique un tapis de course à domicile avec de l’eau et de l’huile. Cela ne m’étonne pas qu’un brésilien produise la vidéo la plus créative de l’époque que nous vivons. En effet, au Brésil, ce grand pays aux inégalités riches pauvres gigantesques, la population est habituée à s’adapter à des situations ubuesques (clin d’œil à Brigitte). Il faut savoir que 100 brésiliens sur 100 ont, sont ou seront braqués à l’arme à feu au moins une fois dans leur vie. Ça fait réfléchir. Je pense vraiment que cette vidéo est un symbole fort de ce que le Brésil peut faire contre le coronavirus. J’ai totalement confiance en cette nation avant-gardiste. D’ailleurs, là-bas, la société est déjà triée, ils n’ont pas eu besoin d’un covid pour penser à s’organiser.

En plus de l’exercice physique donc, quel conseil aux français confinés ?
Eh bien merci Yann pour cette transition parfaite parce que justement, suite au conseil des Ministres extraordinaire, nous allons forcer par Décret et sans ordonnance les français à entretenir ou reprendre une activité sexuelle. Nous nous basons sur une grande étude américaine qui a démontré que, à cause du confinement, des tensions peuvent apparaître. Vous savez bien Yann que tous les gros problèmes se résolvent sur l’oreiller. En effet, en sus du plaisir (merci Brigitte !), il a été démontré que l’orgasme – réception ou don – accroît le sentiment de puissance. Et le sentiment de puissance, c’est vraiment ce dont les français ont besoin en ce moment. Pour finir à ce sujet, je vous fait remarquer Yann que le sexe est le seul produit de consommation gratuit et simple à disposition de tous. C’est sur ce grand principe de dépense minimale que fonctionne l’hôpital par exemple, et on sait que cela fonctionne, puisque comme vous le constatez, l’hôpital est là.

L’accessoire de confinement ?
Alors si vous me le permettez Yann j’en aurais 2.
D’abord, le préservatif. En effet, comme son nom l’indique, il s’agit bien pour nous de préserver ce qui est encore préservable (celle-là, on ne la comprend pas Brigitte).
Ensuite, la baguette. J’ai bien évidemment réuni un conseil exceptionnel d’experts, à savoir de boulangers et de français. Il faut bien comprendre Yann que quand vous demandez à un brésilien, un australien, un américain, ce qui caractérise un français, on vous dira toujours : « le bonhomme avec la baguette sous le bras » . Je pense que c’est justement en ces moments critiques où nous devons prendre des décisions difficiles, qu’il faut savoir raison garder sur certains éléments phares de notre nation ; et parmi eux,
il y a la baguette. Cependant, en accord avec notre conseil d’experts épidémiologistes, nous avons décidé qu’il était plus sage de moins fréquenter les boulangeries, et donc nous suggérons, à tous les français, je dis bien tous, de garder une baguette de pain rassis à la maison. Ainsi, en toute circonstance, les français resteront les français avec la baguette sous le bras, et, ainsi, la France restera La France.

Je suis désolée Manon, il va falloir se dépêcher parce que comme presque tous les soirs on va rendre l’antenne en retard, et l’équipe ne pourra plus rentrer chez elle avec la diminution des transports en commun liée au confinement.

Pas de problème Yann, je suis très bavarde, mais comme tout Ministre Politique je sais aussi faire preuve d’esprit de synthèse et d’abnégation quand cela est nécessaire.

Le médicament de confinement ?
Le sirop contre la toux

Le médicament homéopathique de confinement ?
L’homéoplasmine. Les français ne le savent pas encore, mais ils vont pleurer et se moucher dans leurs rouleaux de PQ, cela provoquera des irritations du nez.

L’aliment de confinement ?
Les oranges, apportées par mon voisin coiffeur.

La tenue vestimentaire de confinement ?
Une tenue de sport de combat, comme un kimono de judo par exemple, cela conditionne à la lutte, y compris celle contre le coronavirus. En outre, il faut porter cette tenue jour ET nuit, c’est la meilleure façon de ne pas tomber dans le travers de passer la journée en pyjama.

L’ami du groupe Whatsapp de confinement ?
Le réanimateur quand il est le plus drôle du groupe, et que c’est lui qui relaye le mieux les meilleures blagues des réseaux sociaux.

L’expression de confinement ?
« Se toucher la nouille ». On se touche la nouille au gouvernement, les français se touchent la nouille à la maison, et enfin on touche tous les nouilles pour surveiller leur cuisson.

La devise pour tenir le coup en confinement ?
Celle de la BSPP, la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris : « Altruisme, efficience, discrétion ».

Le philosophe pour nous guider pendant le confinement ?
Sans hésiter André Comte-Sponville, que vous avez reçu sur ce plateau récemment, et qui a mis en avant le mot « lucidité ». Edit : depuis ses propos ubuesques « je n’ai pas peur de la Covid-19 » disséminés un peu partout dans les médias, évidemment j’ai cessé de kiffer ACS pour toujours. On reviendra donc au basiques et on lira les ouvrages de Kant. La crise va durer longtemps, il nous faut du lourd. 

Le film de confinement ?
Les amants passagers de Pedro Almodovar. 

L’humoriste pour rire en confinement ?

Kheiron clairement. Sa spécialité est l’improvisation, c’est tout à fait la même chose pour nous au gouvernement.

On passe sur la playlist si vous le voulez bien Manon.

La plus belle musique de tous les temps ?
Le canon en D majeur de Pachelbel bien évidemment, à l’instar de Kheiron.
La musique que vous écoutez en boucle en ce moment ?
Corona, Rhythm of the night. C’était quand même un très bon son. Nous nous satisfaisons grandement de sa remise au goût du jour.
La musique pour accompagner les applaudissements de 20h en confinement ?
La Marseillaise.
La musique pour faire l’amour en confinement ?
Bob Marley, Turn your lights down low
Et enfin, votre plaisir coupable ?
Le générique des Bisounours en entier

On termine rapidement avec des questions un peu plus sérieuses.

Si vous deviez vacciner une seule personne sur Terre contre le coronavirus ? 

Greta Thunberg

La première chose que vous ferez si vous êtes encore vivante après le confinement ?
J’irai commander un burger sur une borne du KFC de Strasbourg Saint-Denis

Votre dernière volonté avant de mourir du covid19 ?
Qu’une plaque soit apposée à mon nom sur une borne du KFC Strasourg Saint-Denis même si le covid m’emporte avant que je puisse m’y rendre.

Ce que l’on retiendra de toute cette histoire ?
Les français auront intégré les fonctions exponentielles et gaussiennes. Le gouvernement est à pied d’œuvre pour que le niveau se maintienne.

Merci beaucoup Manon, d’avoir accepté de venir sur ce plateau, on rappelle que vous venez d’être nommée Ministre Déléguée au Confinement et au Tri dans ce contexte de pandémie de COVID19. Vous restez avec nous ?

 

 

 

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9 défis-jeu-citoyen-debunking-langage

Billet de blog festif participatif !

ATTENTION : ce jeu se joue uniquement en confinement strict entre adultes (de 18 à 1818 ans) du même domicile ou entre adultes via des Skypéro (ou des Skyphéros ça marche bien aussi)

DANS TOUS LES CAS : à 20h, vous interrompez le jeu, vous ouvrez la fenêtre, vous applaudissez, vous chantez, vous mettez de la musique fort, vous hurlez si vous voulez, vous pensez depuis votre cerveau jusqu’à votre cœur à nos soldats : soignants +++, mais aussi, pompiers, policiers, ambulanciers, employés de la chaîne alimentaire, livreurs, éboueurs, chauffeurs routiers, etc etc, et vous vous applaudissez vous aussi parce que vous êtes de VRAIS citoyens en restant confinés (en commentaires dites moi quelles professions je rajoute).

CONTEXTE DU JEU : souvent les gens d’un même pays parlent la même langue. Et puis il y a plein de sous-groupes. Des sous-groupes de langues régionales, des sous-groupes de langues de quartier (« bâtiment D si si on est al oklm »), des sous-groupe de langage sportif (« mets ta cravache en cierge ! »), des sous-groupes de langage médical, et donc plus généralement, des sous-groupes de langage professionnel.

DANS CE JEU : il faut traduire en un français compréhensible par tous, des phrases professionnelles.

INDICE : c’est en lien avec l’actualité

EXEMPLE :

« On démarre une grosse négo avec les centrales pour optimiser le nombre de facing de BP 4 CSN sur les prochains plans merch. On adaptera le plan d’action terrain et les implantations dès la descente des plans. Ça sera déterminant pour la réussite de l’année en termes de tonnage et de NNS. »

Traduction :

Il veulent proposer des barquettes de jambon aux gens pour les nourrir. Ils veulent que les jambons soient bien visibles pour le client et il y aura ainsi des ventes et tout le monde sera content.

MAINTENANT, à vous de jouer !
Pour chaque question, je vais vous donner des pistes, mais attention c’est truffé de pièges, ne tombez pas dans le panneau !

1) On entend partout : “l’hôpital se prépare
Vous pensez que ça veut dire quoi pour eux ? 

-tranquilles ils annulent leurs OP non urgentes puis s’ennuient
-rangent des caisses de masques parce que y en a vraiment trop partout
-repassent les draps pour les gens qui viendront se reposer

2) Quand le médecin dit : “la situation est préoccupante
Vous pensez que ça veut dire quoi pour lui ?
-bon au pire y aura quelques brancards dans le couloir
-y aura pas de possibilité de chambre individuelle
-y aura pas de baguette au petit déjeuner

3) Quand les soignants disent : “on attend la vague
Vous pensez que ça veut dire quoi pour eux? 

-ils sont en face de la Méditerranée
-ils sont intelligents donc ils sont plutôt face Atlantique
-ils attendent encore le prochain train avec des places pour fuir Paris comme les autres

4) Quand on entend : “le personnel des urgences est en grève depuis 1 an
Vous pensez que ça veut dire quoi pour eux?
-leur pause déjeuner est seulement de 16 minutes
-le chef est un pervers narcissique
-ils veulent la retraite à 40 ans
-ils veulent qu’on supprime les 39h pour repasser à 35h

5) Quand le Docteur dit : “il y aura des pertes à déplorer
Vous pensez que ça veut dire quoi pour lui ?
-il est nul au UNO en plus d’être un mauvais joueur
-il a encore perdu son smartphone
-les cyclistes de la Française des Jeux ne feront pas de résultats au Tour de France par manque d’entraînement
-encore une crise économique à venir

6) Quand le Docteur dit : « restez chez vous ! »
Vous pensez que ça veut dire quoi pour lui ?
-il a la flemme de travailler
-il est d’extrême droite et ça se sait enfin
-lui aussi possède trois maisons à la campagne et un voilier alors « chez vous » c’est au choix

8) Quand le Chef de Service des Urgences d’un CHU dit mardi à la télé qu’il va faire des vidéos quotidiennes et que mercredi finalement il dit qu’il va devoir arrêter.
Vous pensez que ça veut dire quoi pour lui ? 

-encore un type pas fiable
-le CSA a décrété qu’il était mal rasé et les coiffeurs sont fermés donc c’est pas compatible
-son épouse lui a fait une scène de jalousie

9) Le sapeur-pompier dit qu’il est concentré.
Vous pensez que ça veut dire quoi pour lui ?
-il y a un feu quelque part
-il s’occupe d’une des nombreuses requêtes sexuelles liées à l’uniforme
-il joue au Monopoly avec un policier

ON COMPTE LES POINTS MAINTENANT ! (à défaut de compter autre chose……)

HAUT LES CŒURS ! ils sont nombreux… <3

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On se souviendra de vous.

Bon. Voilà voilà, c’est la guerre. On est en train d’écrire l’Histoire. Mon premier prof de philo Eric Marion nous avait dit un jour, alors qu’on étudiait la métaphysique gravitant autour de Ulysse :
– A votre avis, quel est l’objectif de chaque être humain ?
On avait séché comme des couillons de terminale : le bonheur ? manger des pizzas ? baiser ? jouir ? se reproduire ? fumer du cannabis ? boire des bières ? sauver des vies ?
Et il nous avait corrigé :
– L’objectif de chaque être humain : c’est de rester dans LA MÉMOIRE.
Truc de ouf personne n’avait pensé à ce type de bail à 18 ans.
Je vous rappelle qu’on étudiait Ulysse, et qu’en effet, ce beau gosse d’Ulysse a plutôt bien réussi son coup parce qu’on se souvient a priori au moins vite fait de son blaze même si parfois on ne sait pas vraiment trop ce qu’il a fait de sa vie ce Ulysse. Il a fait la guerre ? Il a été confiné ? Il a mangé des pizzas ?

Vous êtes en train d’atteindre l’objectif d’Ulysse. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Peut-être, depuis vos canap si vous êtes obéissants, depuis l’herbe en bas de votre immeuble si vous n’avez pas encore compris (chacun son rythme), vous ne vous rendez pas encore trop compte que vous êtes des Ulysses. Pour l’instant il y a des chiffres de morts qui sortent d’une belle bouche bien pulpeuse pleine de rouge à lèvres (même les hommes mettent du rouge à lèvres à la télé oui oui). Et puis bientôt ce sera plus concret. Ce sera votre médecin, votre mère (votre grand-mère est déjà morte tout est OK de son côté), votre mari, votre enfant (on disait que les jeunes non, mais parfois les Ulysses sont motivés). Ça va donc vous coûter un peu de rester dans LA MÉMOIRE. Vous allez mouiller vos vêtements de vos larmes. Il n’y aura pas forcément beaucoup de sang parce qu’on va mourir en manquant d’oxygène, autrement dit, dans l’hygiène et la dignité.

Pour les futurs manuels d’Histoire qui parleront de notre guerre là, je propose de l’appeler la « Vraiment Drôle de Guerre ». La VDG. Les dates seront faciles à retenir pour les aspirants bacheliers. Un début en 2020, une date simple, une aubaine pour épargner la mémoire des jeunes mise à rude épreuve en épreuves de baccalauréat. La date de la fin de la guerre ? on verra. Il y aura plusieurs rebondissements pharmaceutiques et morbides qui n’intéresseront plus personne. Les profs diront vite fait « pour la petite histoire » que les politiques au pouvoir avaient quand même maintenu des élections en pleine pandémie pour leurs petits intérêts personnels. Ça fera rire toute la classe et ce sera vraiment ultra cool. Le prof de philosophie demandera aux élèves de réfléchir à si les responsables politiques qui avaient organisé les élections avaient agi comme des Ulysses. Certains diront peut-être que oui, parce que faire des grosses bêtises c’est aussi une façon de rester dans LA MÉMOIRE.

A vous de choisir votre camp.

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Si je pouvais te parler petit virus

Peutivirus,

Tu es entré dans nos vies comme une tornade.

Tu as d’abord posé tes valises dans un coin,

Puis tu as voulu voyager. 

Ah ce tour du monde !

Celui dont tous les jeunes,

Rêvent.

Tu as privatisé des avions entiers.

Tu as bien profité.

Tu as rencontré plein de gens,

Des gentils et des méchants.

Parfois tu as été gentil,

Parfois tu as été méchant.

De ton périple on retiendra des bonnes choses. 

On ne regardera pas tes photos de vacances prises dans les hôpitaux.

De toute façon il n’y aura 

Plus jamais ça 

Dans les hôpitaux. 

Tu auras agi comme un vaccin,

Contre l’oubli que nous ne contrôlons pas tout,

Et rappelant que l’on peut toujours essayer de faire de son mieux.

Tu auras imprégné des valeurs pérennes,

Chez tous. TOUS.

 

Maintenant casse-toi Peutivirus ! 

Allez ! Casse-toi ! 

 

 

 

 

 

 

PS : pour un casse-toi efficace, en France les recommandations sont , sur le site du Ministère de la Santé.

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J’aime j’aime pas

J’aime.
J’aime pas.

J’aime que le monde entier réalise que la maladie -au sens large- existe et qu’elle est dure.
J’aime pas que des gens meurent et que des proches soient tristes.

J’aime que les gens apprennent les règles d’hygiène de base que plein de gens malades chroniques ont besoin d’appliquer depuis toujours.
J’aime pas qu’on vide les stocks d’hygiène à la hâte parce que ça pénalise ceux qui en ont besoin depuis toujours.

J’aime qu’on pense maintenant à « penser aux autres ».
J’aime pas qu’il faille un gros méchant loup pour qu’on commence à penser aux autres.

J’aime qu’on regarde l’hôpital public que je raconte ici depuis bientôt 3 ans et que je fréquente depuis plus de 10 ans.
J’aime pas que l’hôpital public soit vraiment en galère et qu’on se rende compte un peu tard qu’il a besoin d’aide.

J’aime que les médecins généralistes ne soient plus des « ratés de l’ECN » mais des professionnels de santé « de première ligne ».
J’aime pas que des gens aillent balancer leurs microbes sur les généralistes qui seraient là pour ça.

J’aime que les pharmaciens aient enfin un vrai rôle de conseil et d’information et ne servent pas qu’à piquer des vaccins dans des bras.
J’aime pas que des malades isolés déboulent à la pharmacie puisqu’on les refoule ailleurs.

J’aime que l’industrie pharmaceutique se bouge fort pour trouver des remèdes.
J’aime pas que l’industrie pharmaceutique se réjouisse du pognon à se faire sur ce gros coup.

J’aime que des experts proposent des points-bilan sérieux pour partager le savoir et la connaissance.
J’aime pas que des spécialistes précisent « les plus de 70 ans ou ceux avec de nombreuses comordibités ».

J’aime qu’on s’intéresse à nos personnes âgées et à nos EHPAD.
J’aime pas qu’on se rassure de savoir que c’est eux qui risquent de payer le prix fort.

J’aime qu’on s’aperçoive que le supermarché ce n’est pas que un lieu de capitalisme et que les petites mains qui y travaillent nous sont très utiles.
J’aime pas voir des clients se battre pour des pâtes ou du papier toilette.

J’aime entendre le Directeur Général de l’OMS évoquer que l’ennemi commun pourrait apporter la paix.
J’aime pas les images que je vois aux frontières de l’Europe.

J’aime.
J’aime pas.

 

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Le grand écart

Bon. Cabinet de médecine générale. Consultation compliquée pour le MG car « relèverait de la médecine interne » mais bon les internistes sont moins dispos et accessibles.

Et là ça sonne. Vous savez le « Sonnez puis entrez » placardé sur la porte du cab’ ? Ben là ça sonne plusieurs fois sans entrer. Le MG met en pause sa consultation d’interniste pour aller voir, et j’entends un homme qui parle. Il parle ahuri, lentement, il aurait besoin d’un Docteur, il ne sait même pas ce que c’est Doctolib, le MG lui propose de patienter mais finalement il part. Et peut-être on ne saura jamais de quoi cet homme avait besoin à ce moment-là.

Ce n’est pas la première fois que je suis témoin de ce type d’événement dans le cabinet du MG. La première fois c’était un homme qui voulait que son fils soit vu dans l’immédiat sinon il frapperait le Docteur.

Ça me fait penser à cet homme sans-abri dont j’avais fait la connaissance aux urgences. Moi j’attendais le tri après un AVP (Accident de la Voie Publique) alors que lui n’attendait rien. Il avait ses habitudes dans la salle d’attente. Tout le personnel le connaissait. A un moment il est sorti « fumer une clope » un peu trop longtemps et je revois l’interne désemparé le chercher partout dans la salle d’attente et un peu dehors aussi.

Je me dis qu’il y a vraiment un grand écart entre ce à quoi les Docteurs (et moi patiente indirectement) sont confrontés dans leur « vraie vie professionnelle » et ce qu’on leur a dit quand ils étaient jeunes, dans une vie éventuellement « confortable » (la mienne aussi). Je ne suis pas médecin alors je ne vais pas dire ce qu’on dit aux jeunes médecins (même si j’ai des oreilles).

Moi j’ai été formée (merci) à la Grande Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm de Paris (à surtout ne pas confondre avec celles de Lyon ou de Cachan-Orsay « qui sont largement inférieures »). Et « nous » « on nous a appris » à MEPRISER LES MEDECINS, « parce qu’ils avaient été sélectionnés à apprendre par cœur et pas à réfléchir ». Peut-être l’équivalent de la culture carabine sauce Normale Sup’ (et ses prépas privilégiées).

Je regarde la pyramide de haut en bas, « de la Grande Ecole Supérieure jusqu’à l’Homme en passant par le Médecin », et je me dis qu’il y vraiment un grand écart.

Et on s’oublie un peu parfois. Nous juste les Hommes, les Humains quoi.

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Comment appelle-t-on poliment un arrêt de commercialisation ?

Fatche de con.

J’ai vraiment envie de m’encagner.

Aujourd’hui pour moi c’est jour de deuil. Comme y a eu pour plein d’autres malades en France. Je suis en train de consommer ma dernière ampoule de Intercron. Après c’est fini, c’est l’arrêt de commercialisation. Intercron, c’était un médicament commercialisé par la société Laphal Industries, basée dans le sud de la France à Allauch, au chiffre d’affaires 2018 de 24 051 500 euros. Probablement une bande de mafalous. Des chiens des quais.

Peuchère les malades qui utilisaient ce médicament, et qui sont maintenant dans la panade. Mais dégun s’intéresse à nous.

Peu chers aussi, probablement. Peu chers financièrement, parce que la boîte de 30 ampoules était vendue autour de 15 euros, à la charge du malade, puisque les grands de ce monde avaient barjaqué que l’Intercron n’était pas assez intéressant pour être remboursé. Pourtant ce médicament, moi (et d’autres), il avait sauvé ma vie à une époque. Mais après tout, on est 7 milliards sur Terre, elle vaut combien ma vie ? Je suis peu chère, affectivement parlant. Mais à l’inverse, je suis aussi devenue très chère. Maintenant, la sécurité sociale française (merci à elle) va me payer un médicament à 1700 euros par mois. Qui peut-être remplacera le bon vieux Intercron, mais peut-être même pas. Je vous laisse constater les ordres de grandeur de différence de prix : l’Intercron qu’on enterre, 15 euros par mois. L’autre qu’on met en avant dans toutes les publications, généreusement mis au point par l’industrie pharma, 1700.

On dirait que finalement à la sécurité sociale ils ne sont plus des rascous, ou bien c’est vraiment qu’ils sont de Martigues.

Ils ont TOUS fait une belle cagade .

Quel monde de fada…

Le con de Manon. (C’est le cas de le dire).

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Se souhaiter la santé finalement ?

Bon. Il y a pile deux ans, j’écrivais sur ce blog un article de hipsteure rabat-joie sur les lapalissades et bondieuseries des « Bonne Année et Surtout Bonne Santé » des 31 décembre.

Il y a pile un an, je n’écrivais rien, la fièvre du lundi soir ayant tapé vraiment trop fort ; plutôt que de danser sur les tables, j’avais trépigné dans le lit. Et c’était sans savoir que…l’année suivante en serait maudite. Chaque semaine, chaque mois de 2019, une nouvelle sorcière est venue frapper à ma porte, pour me jeter un mauvais sort. Sans le savoir, ce 31 décembre 2018 où j’avais laissé la maladie me dorloter, j’avais pactisé avec Le Diable.

Cette année, j’ai décidé de tout reprendre à zéro. Il y a plusieurs mois que j’ai échafaudé que le 31 décembre 2019 à minuit, même malade même sale même moche, je serai là, présente, à m’égosiller dans les 2*7,7 milliards d’oreilles sur Terre le plus fort possible, même à ceux qui ne veulent pas l’entendre : BONNE ANNÉE ET SURTOUT BONNE SANTÉ !!!!!

Doux vœux sincères à tous.

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