Être sur et être sous

Bon. Je ne sais pas si vous avez remarqué.

C’est devenu une mode, ces vingt dernières années, d’être « sur » Paris, « sur » Lyon, « sur » Brive-la-Gaillarde. Je me dis que les gens aiment s’asseoir sur la ville qu’ils veulent, appuyer bien fort les pieds et les fesses, se coucher dessus même, pour peser plus lourd. Bref, j’y vois là des pulsions de domination, voire même de…colonisation ?

A l’inverse, je crois que ça a toujours été une mode, d’être « sous » médicament. Être « sous » pilule, être « sous » biothérapie, être « sous » Doliprane.

« Je sors du MG (= médecin généraliste), il m’a mise sous Ibuprofene ».

Pourquoi ce « sous »?

Est-ce qu’on subit le médecin, le médicament, le choix thérapeutique, la maladie ?
Est-ce qu’on est « sous » tout ça ?
Je ne le crois pas. On ne devrait pas.

Mais je suis tellement saoul que c’est à n’en être plus sûr.
Pansons nos maux, et pensons nos mots.

PS : Vous remarquerez que, pour les besoins de cette réflexion, je suis devenue un homme. Je suis passée « sur » l’homme, pas « sous » l’homme.

PPS : une réflexion sur la percée du « sur » dans la langue française : ici.

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